Le rapport moral 2024-2025 : il traduit les orientations, les choix stratégiques et les perspectives qui guident l’action de l’association.
Un rapport moral ce n’est pas un rapport d’activité pourtant c’est bien au travers des évènements et de ce qui a pu être mis en œuvre qu’il trouve sa colonne vertébrale.
On l’a déjà affirmé en finalisant et en présentant notre projet associatif, c’est bien la phase opérationnelle qui est un réel défi à relever.
La mise à l’épreuve s’est avérée particulièrement brutale voire violente en fin d’année 2024 à l’égard de l’association et de ses salariés. Nous étions conscients des difficultés à affronter en décidant de rebattre certaines cartes mais pas forcément de leur niveau et de leur nature. Je fais surtout référence ici au pôle Enfance Famille mais le pôle Autonomie a lui aussi connu une évolution importante avec l’unification des pôles Enfants et Adultes et on peut le dire avec succès et un peu plus de sérénité.
Ce qui importe plus que jamais encore aujourd’hui c’est la détermination et l’engagement de toutes et tous à des niveaux différents pour que les objectifs de l’association restent notre boussole même si le soutien et la reconnaissance du degré de difficultés et des impacts humains ne sont pas toujours au RV.
En tout cas il est important de ne pas masquer les difficultés mais bien au contraire de les identifier, de les poser clairement comme on le fait avec vous aujourd’hui, le rapport financier comme le rapport d’activité sont éclairants, c’est la condition pour mieux les affronter et les dépasser.
Ce qui reste très préoccupant et que nous nous devons rappeler et faire vivre dans les propositions que nous formulons, c’est l’écart entre le profil des publics que nous accompagnons et les réponses susceptibles d’être apportées, l’inadéquation encore trop présente entre la place assignée dans un dispositif dans lequel il ne faut pas que nous restions figés et les besoins des personnes.
En refusant de signer un CPOM en 2024 avec le Département, nous ne souhaitions pas méconnaitre les enjeux économiques et les contraintes de nos financeurs mais plutôt mettre à un niveau plus digne la réponse à apporter au public accompagné. L’impossibilité récurrente d’améliorer les conditions d’accueil d’une de nos structures par exemple nous est revenu en boomerang dans la presse régionale alors même que nous étions convaincus de la nécessité de rénover ces locaux. Et les effets délétères de cette période sont encore une réalité.
Mais évidemment la négociation reste de mise dans un climat de respect mutuel des contraintes et responsabilités de chacun. A cet égard l’audition de l’association par la Mission Information Evaluation a permis d’informer ou de confirmer aux élus de la mission les difficultés pour les professionnels de terrain liées à l’évolution du public, au décalage entre besoins et moyens et aux attentes et propositions de l’association. Et nous n’ignorons évidemment pas les difficultés que traversent tous les Départements pour faire face aux besoins en matière de protection de l’enfance, ni d’ailleurs le contexte d’incertitude qui pèse sur l’ensemble des politiques qui nous concernent et qui impactent sérieusement les marges de manœuvre dans les négociations, le champ du handicap avec l’ARS comme celui de la Protection Judiciaire de la Jeunesse n’y échappent mettant les différents acteurs dans des positions parfois difficilement tenables
Notre association qui intervient dans le champ de la protection de l’enfance et dans celui de l’autonomie doit veiller avec nos financeurs à maintenir l’équilibre permettant de maintenir une complémentarité et la transversalité déjà à l’œuvre en faveur des jeunes. Rappelons que pratiquement 100% des jeunes reçus dans le cadre de l’ASE ont un dossier ouvert à la MDPH. Notre partenariat avec la PJJ dans le cadre du CER le confirme également.
Comme je viens de le rappeler, le champ du handicap qui occupe une grande part de nos activités a connu une réorganisation importante avec la réunion des deux pôles enfants et adultes au sein d’un unique pôle Autonomie. Cette modification a montré tout son intérêt au regard des décloisonnements nécessaires en interne. Et à cet égard, la mise en place d’une instance institutionnelle transversale, le comité Handicap et Protection de l’Enfance confirme et facilite la transversalité que nous sollicitons de la part de l’ensemble des acteurs.
La collaboration avec différents partenaires associatifs visant à l’amélioration d’un parcours souvent chaotique concerne également les jeunes accompagnés dans le cadre du CER en convention avec la Protection Judiciaire de la Jeunesse, collaboration largement développée qui nous amène à privilégier le maintien du CER sur Amiens. Les locaux actuels en décalage complet avec ce que la décence et le respect des jeunes comme des salariés exige, font l’objet depuis plusieurs années de recherches et d’échanges avec les responsables de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Nous y reviendrons sans doute prochainement, c’est un chantier important qu’il est urgent d’engager grâce aux constats partagés qui se font jour avec l’institution judiciaire, elle aussi très sollicitée faute de prises en charges pédopsychiatriques adaptées.
L’ensemble de ces aspects seront développés par les deux directrices de pôles, Isabel Dos Santos et Mélanie REGNAULT.
La fonction Qualité installée récemment et le travail mené collectivement avec l’URIOPSS et nos partenaires associatifs sur la mise en place d’un espace éthique s’inscrivent dans la droite ligne du projet associatif sur la Bientraitance. C’est également la possibilité au combien indispensable aux salariés de pouvoir prendre du recul, le temps de la réflexion sur les sujets qu’impose leur pratique de terrain. Valérie Buffnoir qui porte cette thématique la développera également dans le cadre du rapport d’activité.
Sans vouloir alourdir le propos sur les évènements qui ont marqué la fin d’année 2024 qui ont été une réelle épreuve pour les salariés de terrain et l’encadrement, j’y reviens néanmoins pour saluer leur engagement dans ce contexte et les en remercier.
Je remercie également notre directeur général et les administrateurs et membres du bureau pour leur mobilisation, leur soutien, leur confiance. Car ne l’oublions pas, c’est bien notre volonté d’améliorer et de mettre en place de nouveaux repères qui ont généré des départs…involontaires… et les suites que l’on connait.
Je l’ai déjà dit, je crois, notre capital dans l’association, ce sont les salariés quant à la gouvernance, bénévole, elle doit être solide et engagée et c’est le cas comme vous pourrez le constater avec le rapport de la secrétaire de l’association Michèle BAZARE. C’est dans les épreuves qu’on le mesure si on sait pourquoi et pour qui on est là.
Je vous remercie.