Le rapport moral 2025-2026 : il traduit les orientations, les choix stratégiques et les perspectives qui guident l’action de l’association.
Merci d’être présents à notre assemblée générale, c’est un moment important dans la vie de l’association.
On espérait pouvoir tenir cette assemblée dans les nouveaux locaux de l’ESAT destinés à l’accueil de manifestations comme celle-ci. L’achèvement des travaux est différé mais on les inaugurera prochainement et on vous présentera alors les prestations et conditions d’accueil proposées.
Pour notre association, les années qui se succèdent restent chargées d’évènements qui nous poussent à réinterroger notre organisation et à réaffirmer nos valeurs dans un contexte qui reste tourmenté.
Si la fin de l’année 2024 fut difficile, 2025 en a subi bien sûr les prolongements mais on peut considérer que la fin 2025 nous a rassurés, du moins en ce qui concerne le pôle Enfance Famille, sur les aspects financiers comme dans les négociations.
Ouverture et prise en compte des difficultés rencontrées, je parle essentiellement ici du Département. Il faut souligner les efforts et l’engagement de l’ensemble des salariés pour que la transition vers une rénovation et une réorganisation attendue se passe au mieux. Et ce, avec la signature d’un CPOM en chantier depuis plusieurs années, assorti d’un accord sur la transformation des locaux du FEP.
Car enfin, nous allons être en capacité d’accueillir et d’accompagner les jeunes du Pôle Enfance Famille dans des conditions adaptées.
La protection de l’enfance a souvent besoin d’évènements qui font la une des journaux pour revenir au premier rang de l’actualité y compris au niveau national.
Pour autant, nos professionnels le savent trop bien, les profils du public, leur vécu, leurs besoins sont bien plus complexes qu’ils n’apparaissent dans les reportages et articles de presse de façon générale.
Les engagements du Département à cet égard sont à saluer, notre détermination et les efforts consentis permettent d’aboutir à un projet global qui a du sens au regard des besoins identifiés.
Du côté de l’Autonomie, la situation est plus complexe.
La prise en charge sanitaire y compris et surtout dans le secteur de la psychiatrie est toujours très préoccupante. Malheureusement la crise sanitaire s’illustre quotidiennement avec un impact aussi sur le public du pôle Enfance et Famille et pour le coup la transversalité fonctionne mais pas pour le meilleur.
On ne méconnait pas la situation des finances de l’Etat en la matière et le retard pris depuis longtemps dans certains secteurs et notamment celui-ci. On y est attentifs en tant que citoyens et on sait que le redressement sur ce plan, s’il est voulu, va demander du temps. La remise en question et la transformation des réponses, des dispositifs en place, leur optimisation sont indispensables. On le mesure nous aussi tous les jours.
En revanche, là où le problème s’avère être plus aigu, c’est sur le plan de la méthode et du niveau de dialogue avec les autorités administratives en charge du sanitaire.
Toujours prêts à se mobiliser et à travailler sur des projets et des réponses nouvelles en cohérence avec la recherche d’inclusion et notre projet associatif, nous nous heurtons à des fins de non-recevoir récurrentes sans explications constructives qui permettent de progresser.
Les disproportions avérées entre les différents départements de notre grande région sur les créations innovantes et les financements accordés posent question.
L’éloignement qui est désormais le nôtre d’avec les lieux de réelles décisions pèse manifestement sur les résultats de négociations qui nécessiteraient de prendre une autre dimension.
On insiste sur la complexité des situations et on renforce dans notre organisation la transversalité, on continue à dénoncer les limites d’une approche trop cloisonnée, en silos qui détermine les accompagnements en fonction des compétences au détriment des besoins.
Le constat aujourd’hui est celui-là, il nous appartient de dépasser ces points de blocage pour que les réformes qui s’annonce très prochainement autour notamment de la prise en charge du handicap constituent un réel progrès pour le public et les services dans la mise en œuvre.
Autre point, en référence lui aussi au projet associatif et qui découle de ce qui précède, ne pas rester isolé au sein du secteur, être ouvert à des coopérations permettant d’optimiser les moyens et les réponses à apporter y compris en matière d’innovation. Nous restons plus que jamais convaincus de cette nécessité et sur ce plan, il est important de prendre la main et nous la prenons.
C’est en effet sur des convergences de vue, des constats partagés quant aux besoins à couvrir que des coopérations peuvent voir le jour et devenir force de propositions collectives en lieu et place de réponses individuelles qui alimentent une concurrence qui dessert le secteur.
Les associations sont particulièrement fragilisées et pas uniquement sur le plan financier. De plus en plus instrumentalisées, considérées comme étant à la disposition du service public.
La pression est forte sur le plan de l’activité et ses évolutions comme sur l’identité de nos associations, leurs valeurs et ce pour quoi elles existent et ont été créées. L’ADSEA fêtera ses 70 ans en 2027, on aura l’occasion d’en reparler.
Autre point important et que nous partageons avec les collègues du secteur social et médico-social y compris celui de la formation, le problème du recrutement.
Or le personnel, c’est le capital humain de l’association, c’est la particularité de notre secteur, celui de l’économie sociale et solidaire et actuellement tout ce qui a trait à l’humain est pour le moins malmené.
Peu ou pas de reconnaissance de l’apport des métiers du social et du care d’une façon générale dans une société où les personnes vont de plus en plus mal. Ce qui se traduit par des rémunérations qui stagnent voire régressent proportionnellement à d’autres métiers, des limites dans les moyens humains sur le terrain qui entachent les conditions de travail, un travail administratif qui se massifie.
Dans ce contexte notre responsabilité d’employeur est très sollicitée.
La conjugaison de moyens humains très contenus avec l’évolution des publics nécessitant des accompagnements nouveaux ne doit pas être sous-estimée dans ses conséquences sur le climat de travail des personnels, sur le terrain comme pour les cadres.
C’est dans ce contexte et en référence aux engagements pris dans notre projet qu’un travail sur la QVCT s’est engagé en 2025, associant l’ensemble des catégories de salariés. L’enjeu est d’abord de mettre en évidence à partir de leur expression ce qui nécessite d’être amélioré pour que dans le cadre qui nous est imposé, chacun et chacune puisse trouver un environnement de travail le plus favorable possible dans le contexte qui est le nôtre.
Enfin, je ne peux pas conclure ce rapport moral sans porter une attention toute particulière aux administrateurs bénévoles qui portent l’association et dont l’engagement, la détermination ont permis de maintenir et poursuivre nos objectifs dans le respect des valeurs de notre projet.
Et bien sûr au personnel cadre et salariés de terrain qui, dans les tourmentes qu’a connu l’association a continué sans ménager sa peine à œuvrer pour que le public accompagné ne soit pas perturbé dans son quotidien et ses projets personnels. On n’oublie pas pour quoi et pour qui on est là. Je les en remercie.
Je tiens à féliciter également notre directeur général, Florian, pour son engagement, son professionnalisme, sa loyauté.
Les années qui ont précédé l’arrivée de la nouvelle gouvernance ont mis en évidence l’importance d’une équipe gouvernance-direction en parfaite cohérence, dans un climat de confiance réciproque et capable de surmonter des obstacles majeurs avec vous toutes et tous.
Je vous remercie
Anne-Marie Poulain, présidente